Enjeu national de la Santé publique

Enjeu du dépistage

Il est recommandé de surveiller régulièrement la peau pour détecter toute lésion ou changement suspect, dans une approche de dépistage du cancer de la peau bien qu’il n’existe pas à proprement parler de programme de dépistage au niveau national contrairement à d’autres pays qui ont fait du cancer de la peau une cause nationale.

La fréquence des dépistages doit varier en fonction des situations à risques, de vos antécédents et de votre risque individuel lié à votre phénotype.

Ces facteurs de risques dépendent des secteurs d’activités: rayonnements UV (travail à l’extérieur, soudures des métaux), Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) (présents dans les goudrons de houille et bitume) et arsenic (fabrication ou utilisation de pesticides en agriculture …).

Crédits ©Institut national du cancer – Création : Australie.GAD

Données originales téléchargées sur le site de Institut National du cancer  / Comment mieux se protéger du soleil ?

Mise à jour du 11/07/2023

Si une tache pigmentaire est retrouvée sur la peau, certaines caractéristiques doivent faire suspecter un mélanome. Il s’agit de taches dont la forme est irrégulière, asymétrique, dont les bords ne sont pas correctement délimités, dont la couleur n’est pas uniforme et dont la forme, la couleur et l’épaisseur évoluent.

Ce sont les critères de la règle « ABCDE ».

A comme Asymétrie

Le grain de beauté n’est pas régulier, ni rond, ni ovale et ses reliefs ne sont pas répartis régulièrement autour de son centre

B comme Bords irréguliers

Ses bords sont irréguliers et mal délimités

C comme Couleur

Il présente plusieurs couleurs (noir, bleu, marron, rouge ou blanc)

D comme Diamètre

Il est de grande taille (plus de 6 mm)

E comme Évolution

Il évolue et grossit, change d’épaisseur et de couleur

Consultation avec un dermatologue

Il est recommandé de consulter un dermatologue pour un examen de la peau régulier. Cette consultation est à la discrétion de chaque personne. Il n’est pas nécessaire d’obtenir une prescription de votre médecin généraliste. Vous pouvez prendre rendez-vous directement. La fréquence recommandée est d’effectuer un contrôle tous les 2 ans.

Auto-examen de la peau

Vous pouvez effectuer un auto-examen régulier de votre peau pour rechercher tout changement, comme des nouvelles taches, des lésions, des grains de beauté qui évoluent, des démangeaisons ou des saignements.

« Les méthodes de dépistage en France n’ont pas évolué à la vitesse des progrès technologiques. La méthode de dépistage du cancer de la peau reste principalement l’examen visuel par le dermatologue et occasionnellement la dermatoscopie (utilisation d’un appareil spécial pour examiner les lésions cutanées en détail). »

Le dépistage mérite de s’adapter sur le plan médical au virage numérique : il n’est pas automatisé, non reproductible, sans applicatif d’intelligence artificielle, sans comparaison d’antécédents, sans archivage centralisé

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Absence d’applicatif d’aide au diagnostic

Le dépistage est basé sur un contrôle visuel

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Absence d’archivage

Moins de 2% des dermatologues prennent des clichés et les archives : à l’issue de la consultation, il n’y a pas d’archivage

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Absence de comparaison

Il n’existe pas de cartographie de référence

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Absence de partage entre professionnels

Les professionnels qui archivent le font sur leur initiative personnelle, le partage territorial est peu structuré malgré des tentatives d’équipe de soins et d’expertise d’onco-dermato

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Absence de reproductibilité

Diagnostic basé uniquement sur l’expérience des dermatologues soumis à des rythmes élevés compte-tenu des délais de rendez-vous de leur patientèle

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Absence de délégation

Dans un contexte de raréfaction du temps dermatologique, la prise de clichés, est délégable à une assistance dermatologique

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Absence de délégation

Dans un contexte de raréfaction du temps dermatologique, la prise de clichés, est délégable à une assistance dermatologique

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Absence de scoring et tri-automatisé

Inefficience du temps dermato qui n’est pas focalisé sur les cas suspects

La France a raté le virage de l’imagerie dermatologique au détriment de la prise en charge des patients et de la réduction des délais d’attente

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L’APHM s’est équipé mi-2022 du 1er scanner dermatologique corps entier

Uniquement à des fins de recherche pour créer une cartographie de référence, mais pas pour réduire les délais d’attente

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Les dermatologues fonctionnent principalement en exercice individuel

Ils ne peuvent investir dans ces matériels innovants car ils ne peuvent absorber les coûts fixes dans un fonctionnement individuel 

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Il n’existe pas de tarification de forfait technique

L’acte est à 54€ que le dermatologue effectue un examen visuel, au dermatoscope (~2 k€ d’investissement), au dermatoscope numérique (50 k€ d’investissement) ou avec un scanner innovant (650 k€ d’investissement)

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Il n’existe pas de financement pour créer la cartographie de référence

Effectuer une recherche clinique pour alimenter la recherche et avancer sur la médecine prédictive du cancer de la peau